B. Une évolution de la conception de la femme


   Ménandre, le novateur


Que l'on compare seulement Ménandre et Aristophane à ce point de vue : beaucoup de femmes du théâtre de Ménandre - même des courtisanes - font preuve de dévouement, d'abnégation et des plus hautes qualités morales (surtout Habrotonon dans L'Arbitrage). En effet, élève de Théophraste, Ménandre reçut l'empreinte de l'école d'Aristote, qui développa en lui le goût de l'étude des caractères, de l'observation des âmes, et forgea un talent fait de finesse psychologique et de sensibilité. Dans ses pièces (La Samienne, La Périkeiroménè, L'Arbitrage, etc...), il semble vraiment qu'il ait voulu chanter la délicatesse et le charme de la femme que la Grèce enfermait dans les gynécées.

Avec lui, c'en est fini des attaques mordantes contre les hommes au pouvoir et des plaisanteries obscènes qui caractérisaient la comédie ancienne. Ses pièces, composées de plusieurs actes, séparées par des intermèdes musicaux qui n'ont aucun lien avec l'action, sont des comédies domestiques et bourgeoises qui se rapprochent davantage des tragédies d'Euripide que des comédies d'Aristophane.

Dans l'ensemble des pièces, l'intrigue varie peu. L'amour est le sujet principal : un jeune homme s'éprend d'une jeune inconnue ; divers obstacles s'opposent à leur union (la pauvreté de la jeune fille, l'hostilité d'un père ou d'un tuteur etc…) ; un esclave futé vient en aide au jeune amoureux ; finalement, on découvre que la jeune fille est de bonne naissance, et tout se termine par un mariage.

Chapitre III : Roman et idées : de nouvelles perspectives pour la femme


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