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. Tandis que les hommes, rejetés de la place publique dans le silence de la vie privée, attachèrent plus de prix à toutes les affections domestiques, les femmes, moins dédaignées, associées aux pensées et à la conversation de leur mari, sortirent de cette profonde ignorance où leur isolement les avait jusque-là retenues. La vie et les œuvres morales de Plutarque mettent en lumière cette estime nouvelle accordée aux sentiments et aux devoirs de la famille. D'ailleurs, nous voyons clairement, en parcourant les ouvrages du moraliste, que la philosophie qui autrefois cherchait à former le citoyen, s'occupe surtout de régler les sentiments de l'homme privé. Le citoyen déchu de ses droits devint un chef de famille. Ces mœurs nouvelles, qui annoncent la décadence politique de la Grèce, eurent du moins pour heureux effet de retirer les femmes de leur solitude et de leur avilissement, comme nous pouvons en juger par le langage de Plutarque. Les grandes princesses macédoniennes des deux générations qui suivirent Alexandre exercèrent elles aussi une grande influence sur la situation des femmes grecques. Si la Macédoine a donné naissance au groupe d'hommes les plus doués peut-être que le monde ait jamais vus, les femmes étaient à tous égards leurs égales ; elles jouaient un grand rôle dans les affaires, recevaient les ambassadeurs et obtenaient de leurs maris des concessions en leur faveur, construisaient des temples, fondaient des villes, engageaient des mercenaires, commandaient des armées, occupaient des forteresses et agissaient à l'occasion comme régentes ou même co-régentes. |
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Chapitre II : Roman et réalité : un aperçu de la place des femmes dans la société grecque du Haut-Empire romain |
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