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Il donne son consentement au mariage, par esprit civique, dans la liesse populaire. L' egguhsiV , acte solennel privé, a revêtu, dans l'imagination du romancier, un caractère public ; elle est suivie de la remise de la jeune fille à son mari ( ekdosiV ). Chéréas est alors conduit par les parents de Callirhoé dans la chambre nuptiale (I, 1, 15) ; le père, Hermocrate, joue le rôle de donneur de la mariée (V, 8, 5). Le mariage est formé. Le mariage de la sœur de Chéréas avec Polycharme est symétrique à celui de Chéréas avec Callirhoé : le romancier ici aussi évoque le dêmos syracusain comme associé à cette union (VIII 8, 12). Une dot, et c'est l'unique fois où la dot apparaît dans le récit de Chariton, est assignée, puisée dans le butin que Chéréas, triomphateur à la romaine, a apporté à Syracuse. La dotation de la jeune fille n'apparaît pas comme élément constitutif du lien matrimonial ; elle est facultative, conformément à la tradition juridique de la Grèce ancienne. La participation populaire est imaginaire : la polis classique, excepté Sparte, n'a pas assuré un rôle déterminant en ce qui concerne la formation du mariage des citoyens. Nous en venons alors à nous demander si l'intervention de la Cité pourrait refléter les pratiques matrimoniales grecques des Ier/IIe siècles de notre ère. C'est une hypothèse difficile à soutenir, car le romancier n'expose pas ici, comme ailleurs, la réalité institutionnelle de son époque. Un lien matrimonial formé par egguhsiV et ekdosiV , réunies en un seul acte ou distinctes, n'est pas impossible dans la cité grecque sous le Haut-Empire, mais l'intervention du corps civique reste, pour le moins, peu probable du temps de Chariton, époque du déclin de la souveraineté populaire des cités grecques. |
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Chapitre II : Roman et réalité : un aperçu de la place des femmes dans la société grecque du Haut-Empire romain |
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