II - UNE ÉTUDE FORMELLE DU MARIAGE A TRAVERS NOS ROMANS

Cette idée de la faiblesse de la femme exprimée dans les deux parties précédentes implique une supériorité de l'homme par rapport à elle, parfaitement visible dans la structure du mariage. En effet, le mariage est le fondement-même du statut de la femme. C'est un engagement privé oral, pris devant des témoins, par lequel le père ou le tuteur de la jeune fille la remet au futur époux. Il n'est enregistré par aucun état civil. La dot donnée à la jeune fille constitue la preuve du caractère légitime du mariage : Médée chez Euripide nous dit bien qu'il faut :

aV  prwta  men  dei  crhmatwn  uperbolh  posin  priasqai

" prodiguer de l'argent pour acheter un époux " (v.232-233)

Le choix du mari va donc déterminer la vie heureuse ou malheureuse de la femme (Médée, v. 231 à 247). Chez Chariton, c'est Chéréas qui donne sa sœur à Polycharme, et ailleurs, c'est le père qui choisit le mari de sa fille (Nausiclès donne sa fille à Cnémon chez Héliodore ; chez Xénophon, Apsyrtos donne Mantô à Moéris ; dans Les Ethiopiques,  Hydaspe donne Chariclée à Méroèbos ). Cela va même très loin, car Callirhoé, dans le roman de Chariton, jusqu'au moment où on lui présente son mari, ne sait même pas qui elle épouse, personne n'a pris le soin de le lui dire : ou  gar  hdei  tini  gameitai (I, 1, 14).

Chapitre II : Roman et réalité : un aperçu de la place des femmes dans la société grecque du Haut-Empire romain


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