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Démaénété est la femme méchante par excellence. Elle est désignée par sa félonie : en men toiV semnoteroiV mhtera eauthn anaplattousa en de toiV atopwteroiV touto ekeino lamprwV erwmenhn upojainousa " Tantôt elle simulait le sérieux d'une mère, tantôt elle révélait clairement sa honteuse passion. " (I, 10) Elle est terriblement rusée. Elle s'attache son mari par toutes sortes de démonstrations et de débordements affectifs (I, 9, 2). De plus, " elle excellait entre toutes les femmes à affoler un homme, poussant à un degré de perfection extraordinaire l'art de séduire " (I, 9, 2). Naturellement, le pauvre Aristippe " ne respirait que pour elle, et ne voyait que par elle " (saghneuqeiV olhn ekeinhn kai epnei kai eblepen , I, 9, 2). Alors, ayant séduit le père, elle tente de séduire le fils. Mais alors que celui-ci résiste, comme toute séductrice bafouée, elle se venge : elle met sur pied, avec l'aide de Thisbé, une horrible machination, et réussit à faire exiler le dédaigneux. Enfin, Démaénété n'échappe pas à sa destinée, et, tombée à son tour dans un piège, sa félonie dévoilée à Aristippe, elle se jette dans un puits. Démaénété incarne tout à fait le type de la marâtre séductrice à l'image de Phèdre, sans cependant éprouver les scrupules de cette dernière, ni endurer ses tourments. De plus, Démaénété décide en son âme et conscience de compromettre Cnémon aux yeux de son père, alors que Phèdre ne le fait que poussée par la perversité de sa nourrice, et parce que celle-ci en a déjà parlé au roi. D'autre part, le roi a la même réaction qu'Aristippe, qui ne doute pas un moment des dires de sa femme. Démaénété est donc bien une Phèdre, mais une Phèdre noircie par Héliodore pour aiguiser le contraste avec son héroïne. Les mères dans le roman grec ne jouent nullement le rôle affectif que nous pourrions attendre. On pourrait même dire qu'elles brillent par leur absence. Elles sont remplacées avantageusement par des nourrices (chez Longus) ou au contraire elles laissent leur place à des marâtres nymphomanes (Démaénété, Kynô). Mais il y a aussi deux figures de mères fort bien dessinées, dont l'une est Panthéia, qui pousse sa fille à fuir, et dont l'autre est l'admirable Persinna. |
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Chapitre I : Les personnages féminins |
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