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Débute alors une véritable amitié entre ces deux femmes, qui, un moment refroidie par la découverte de l'amour du roi pour Callirhoé (VI, 1, 6), se terminera finalement par de grandes démonstrations : lorsque Arados pris par l'ennemi, Rodogune consolera Callirhoé (VII, 5, 5), puis Callirhoé consolera Statira (VII, 6, 5) ; enfin, quand Callirhoé, qui a appris que ce général ennemi n'est autre que Chéréas, refuse de prendre la reine pour esclave et la renvoie avec ses femmes dans son pays (VIII, 3). Cependant, je crois qu'il faut souligner l'importance accordée à Rodogune. Chez Ctésias, ce n'est qu'un nom, porté par deux princesses achéménides, mais à l'époque hellénistique et romaine, c'est une figure mythique de la " Belle Guerrière " ; elle inspirait les artistes, et Philostrate nous a conservé le souvenir d'un tableau renommé. Ce nom devait être évocateur pour le lecteur d'images exotiques particulièrement célèbres : or cette figure légendaire renvoie à une tradition d'histoire romancée, élaborée dans le milieu platonicien par Eschine le Socratique. Utilisant l'histoire, Chariton en joue aussi et il manie le paradoxe quand il fait de Rodogune, la Belle Guerrière, l'incarnation de la truphè perse (V, 3, 7). Rhodé également, dans Les Ephésiaques, est une fidèle amie de l'héroïne. Séparée d'Anthia par Mantô, elle décide avec son ami Leucon, une fois leur maître mort, de s'installer à Rhodes pour guetter le retour des amants : diegnwsan eiV Ejeson mh kateltein , cronw de tini ekei genesqai , mecriV ou ti peri twn despotwn putwntai " ils décidèrent alors d'interrompre leur voyage et de s'arrêter dans l'île jusqu'à ce qu'ils soient instruits du sort des jeunes gens " (V, 6, 4) Au début du roman, ils sont esclaves, et à la fin, avec la fortune que leur a léguée leur maître, on peut penser qu'ils rachètent leur liberté. Ce sont aussi ces deux personnages qui sont à l'origine des retrouvailles d'Habrocomès et Anthia, car ce sont eux qui les reconnaissent l'un après l'autre, et finalement les réunissent dans leur maison (V, 12-13). Voici donc quelques femmes que je mettrais dans la catégorie des amies de l'héroïne. Il y a alors un second volet dans ce thème des confidentes : les servantes dévouées. Car un trait singulier repose dans le statut social de la confidente féminine : elle, les nourrices, les entremetteuses sont toutes esclaves. Ceci implique une restriction du champ d' action social féminin de la maison et implique en même temps une dévalorisation sociale des " amitiés entre femmes ". |
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Chapitre I : Les personnages féminins |
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