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Un peu plus loin dans le roman, Habrocomès séduit malgré lui une autre femme qui tient tout son pouvoir de son mari, Araxos : rien que son nom, Kynô, " chienne ", en dit déjà long et le récit est comme un double du précédent (III, 12), mais qui donne plus encore dans l'horreur du précédent, à cause de la laideur physique et morale du personnage, qui ressemble assez, même, à la vieille sorcière d'Héliodore en train de faire parler son fils mort (II, 12, 3). En effet, Xénophon nous la présente comme : gunaika ojqhnai miaran , akousqhnai polu ceirw , apasan akrasian uperbeblhmenhn " une femme répugnante à voir, pire encore à entendre, et dont le dévergondage passait l'imaginable " Naturellement, elle s'éprend d'Habrocomès, et bientôt, ce qui est le propre de la Barbare amoureuse, " ne se possède plus " ( ouketi kateice , III, 12, 3 ). Ce sont des mots très forts, qui esquissent un personnage inquiétant et diabolique. Xénophon aiguise la noirceur de ses opposantes pour faire ressortir la blancheur immaculée de son héros. Arsacé, dans Les Ethiopiques, est beaucoup plus dangereuse que la Mélité d'Achille Tatius, parce qu'insensible : Mélité est d'Ephèse, donc grecque, ou du moins hellénisée, alors qu'Arsacé est perse, donc barbare. Comme Mélité, Arsacé est riche et abuse du pouvoir en l'absence de son mari, le satrape perse Oroondatès. D'entrée, elle est présentée négativement (VII, 2, 1) : H de Arsakh ta men alla kalh te hn kai megalh kai suneinai drasthrioV to te jronhma ex eugeniaV uperogkoV kai oion eikoV thn adeljhn basilewV tou megalou gegonuian , allwV de ton bion epimwmoV kai hdonhV paranomou kai akratouV elattwn . " Arsacé était une grande et belle femme, fort entendue aux affaires, fière de sa naissance, car elle était la sœur du roi. Loin de mener une vie irréprochable, elle s'adonnait aux plaisirs illicites et avait des mœurs déréglées. " |
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Chapitre I : Les personnages féminins |
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